L1 / yezhadur

→ La page ci-dessous regroupe les règles de grammaire qui peuvent vous être utiles pour les exercices niveau 1.
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AN AMZER-VREMAÑ
Cliquez pour (re)découvrir la règle du PRÉSENT.

● La langue bretonne dispose de deux présents, comme l’anglais: le premier permet d’exprimer une action en cours, le second une habitude. C’est ce dernier qui va être présenté ci-dessous. Voilà pourquoi vous trouverez des adverbes indiquant une fréquence dans de nombreuses phrases des exercices: ATAV (toujours), ALIES (souvent), A–WECHOÙ (parfois), BEMDEZ (tous les jours)… En l’absence de ces mots, et pour éviter toute confusion, vous devez pouvoir ajouter un mot exprimant une habitude à la traduction de votre phrase: LENN A RAN AR GAZETENN (je lis [habituellement] le journal), MAT E KOUSKONT (ils dorment [généralement] bien), GANT AN TRAM E TEUIT (vous venez [normalement] en tram).

● À l’exception des verbes BEZAÑ et KAOUT, être & avoir, tous les verbes bretons peuvent être conjugués au moyen de l’auxiliaire OBER. C’est la forme la plus neutre, qui met en avant l’action dans son ensemble. Le verbe à l’infinitif débute la phrase. C’est OBER conjugué à sa suite qui marque le temps et la personne.

● Dans tous les autres cas, on ne peut plus avoir recours à l’auxiliaire OBER:
• à l’affirmatif parce que la première place de la phrase est occupée par un autre mot, obligeant à faire du «deux-en-un» pour que le verbe conjugué apparaisse en deuxième place, comme la syntaxe du breton l’exige.
• au négatif parce que seul un mot peut se glisser entre les particules NE et KET: le verbe doit là aussi être directement conjugué.

● Au présent, lorsque conjugué directement, un verbe utilise sa racine, son radical. Vous avez déjà l’habitude de reconnaître ces bases verbales et de les utiliser avec l’étude du présent composé (LABOURET EM EUS …) puis de l’impératif (LABOUR, LABOUROMP, LABOURIT). Les conjugaisons du présent qu’on leur ajoute sont celles apparaissant sur le verbe OBER ci-dessus. Attention: on reconnaît la 3e personne du singulier au présent par son absence de conjugaison. Le verbe reste nu, sans terminaison.

● Ce sont ces conjugaisons que vous devez réutiliser:

• au négatif. Le verbe conjugué est encadré par les particules NE et KET, bornes de la négation. Les mutations bleues s’appliquent après NE.

• à l’affirmatif, à la suite d’un complément. Une particule verbale s’intercale entre celui-ci et le verbe conjugué: A après un COD, E après tout autre complément (temps, lieu, accompagnement, adjectif…). Pour vous en sortir, sachez que seule la particule A peut être traduite par qui / que. Comparez ainsi AR C’HASTELL A VIZITAN ALIES (le château QUE je visite souvent) et ALIES E VIZITAN AR C’HASTELL (souvent QUE je visite le château).

À noter que c’est pour la même raison qu’on opère une distinction, en conjuguant le verbe KAOUT, entre AM EUS / EM EUS et AZ PEUS / EZ PEUS.

● Il est plus important de bien conjuguer son verbe que de savoir choisir la bonne particule verbale. Beaucoup se facilitent d’ailleurs la tâche en ne les prononçant pas à l’oral. Sachez toutefois qu’elles entraînent des mutations à leur suite: bleues après A, mixtes bleues & rouges après E. Ces deux systèmes se croisant pour partie, leurs conséquences sont les mêmes pour la moitié des lettres. En revanche, c’est un casse-tête pour les quatre lettres restantes. Il ne faut toucher au trio K/P/T qu’après A, et retomber sur ses deux pieds avec la lettre D…

Ah! Au fait: n’oubliez pas que les dix-huit autres lettres de l’alphabet sont insensibles aux particules A et E…

● Lorsque la phrase commence par le sujet – nom ou pronom personnel, le verbe apparaît à chaque personne sous la même forme: celle de la 3e personne du singulier. On dit que le verbe est neutralisé: le sujet indiquant la personne, le verbe reste «à poil». Il n’a plus rien à indiquer. C’est la même règle qui vous fait utiliser ZO à toutes les personnes lorsque vous conjuguez BEZAÑ à la suite du sujet.

● Ce va-et-vient entre plusieurs manières d’organiser sa phrase à l’affirmatif est important: vous le retrouverez à tous les temps non-composés. Il est donc important de saisir la nuance entre chacune d’entre elles, pour pouvoir peu-à-peu jongler avec elles.

AN AMZER-VREMAÑ KEVRENNEK
Cliquez pour (re)découvrir la règle du PRÉSENT COMPOSÉ.


● Ce temps est appelé “présent composé” en breton puisque son auxiliaire est conjugué au présent.

● L’auxiliaire indiquant le temps et la personne, il est considéré comme étant le verbe conjugué: c’est donc lui qui occupe la 2e place de la phrase, pour respecter l’une des règles de base du breton. Le participe passé peut lui tourner autour, en 1e ou 3e place.

● Le choix entre les deux auxiliaires être et avoir se fait selon des critères semblables au français.

● Le participe passé se forme en ajoutant le suffixe -ET à la base verbale.

AN ANVIOÙ-GWAN
Cliquez pour (re)découvrir la règle de l’ADJECTIF.


● L’adjectif est invariable en breton: le seul NEVEZ traduit par exemple neuf, neuve, neufs et neuves.

● L’adjectif suit toujours le nom: UR PAOTR BIHAN (un petit garçon), UN TI BRAS (une grande maison), BUGALE JENTIL (de gentils enfants)…

● Pour renforcer un adjectif, on peut le doubler (NEVEZ-NEVEZ), ajouter un mot en appui (par exemple NEVEZ-MAT), ou encore mieux utiliser une expression imagée propre à cet adjectif (NEVEZ-FLAMM, soit flambant jeune). Dans tous ces cas, l’accent appuie sur le deuxième adjectif.

AN ARAOGENN A-
Cliquez pour (re)découvrir la règle de la PRÉPOSITION A-.


● En français, les pronoms me, te, le–la-l’, nous, vous, les servent à remplacer un groupe nominal ayant fonction de COD. Ils sont toujours placés avant le verbe conjugué.

Nous avons entendu les enfants. → Nous les avons entendus.

● La langue bretonne obéit à des règles complètement différentes pour éviter de répéter le COD. Elle aura recours non à un pronom mais à une préposition déclinée: A. La même préposition se retrouvera donc à toutes les personnes, l’identification de la personne se faisant par la terminaison:
→ aux 1e et 2e personnes singulier et pluriel elle aura pour base AC’HAN- et des conjugaisons identiques à celles du verbe BEZAÑ au présent.
→ aux 3e personnes singulier et pluriel elle aura pour base ANEZH- (conjugaisons -AÑ/-I/-O)

● La préposition conjuguée suivra toujours le verbe et ne peut donc pas être placée en tête de phrase (si la syntaxe y oblige, remplacez la par le pronom personnel).

AN ARAOGENN GANT
Cliquez pour (re)découvrir la règle de la PRÉPOSITION GANT.


● La préposition GANT est sans doute la préposition la plus fréquente en breton. Cela s’explique par son double usage: elle sert à la fois à exprimer l’accompagnement (avec) et à indiquer l’auteur de l’action (par).

● L’utilisation du verbe KAOUT est réduite à la possession; c’est l’expression BEZAÑ GANT (être avec) qui est utilisée pour l’accompagnement, la détention. Cette distinction est fondamentale: pour parler de ce que vous avez avec vous, sur vous, auprès de vous… il faudra penser “c’est avec moi” et non “j’ai“.

● Il est possible d’utiliser la formule ASAMBLES GANT (ensemble avec) pour marquer encore plus clairement l’accompagnement, et éviter une confusion avec l’autre usage de GANT.

● L’utilisation de la voix passive sera étudiée en deuxième année. Sachez qu’elle est très souvent utilisée, beaucoup plus qu’en français. À cette forme-là, le point de vue est inversé: je l’ai vendue devient elle a été vendue par moi. En breton, par se traduit par GANT: c’est donc lui qui introduit l’auteur de l’action (GANT LOEIZA, par Louise; GANIT, par toi).

● Pour indiquer la personne, on décline GANT – c’est-à-dire qu’on la conjugue. Vous savez le faire aux deux premières personnes depuis le premier cours de l’année, et les salutations: MAT AN TRAOÙ GANIT? YA, MAT AN TRAOÙ GANIN. Les autres personnes utilisent des terminaisons semblables à la préposition COD A-: ainsi, GANTAÑ (anezh), GANTI (anezhi), GANEOMP (ac’hanomp), GANEOC’H (ac’hanoc’h), GANTO (anezho).

♬ Aux deux premières personnes – singulier comme pluriel, la préposition est accentuée sur la dernière syllabe: GANIN, GANIT, GANEOMP, GANEOC’H.

BEZAÑ
Cliquez pour (re)découvrir la règle du verbe BEZAÑ: forme classique.


● L’apprentissage du verbe BEZAÑ vous permet d’être confronté pour la première fois aux règles de conjugaison en breton, règles qui vous seront ensuite utiles quel que soit le temps ou le verbe.

● La langue bretonne met en première place de la phrase l’élément qu’elle juge le plus important, le verbe suivant toujours en deuxième position. Pour la phrase je suis petit, on peut appuyer sur la taille (BIHAN ON) ou sur la personne (ME ZO BIHAN). Comme vous le constatez, selon que l’on insiste sur l’un ou l’autre, la manière de conjuguer le verbe BEZAÑ varie.

● Le verbe BEZAÑ possède donc deux formes à l’affirmatif:
→ une forme personnelle, conjuguée différemment à chaque personne.
→ une forme neutralisée, identique à toutes les personnes.

● La première forme est la plus naturelle. C’est donc la première à apprendre et utiliser. L’adjectif placé en tête, par exemple, permet de mettre en avant la qualité / le défaut: FOLL EO. Le verbe dispose d’une forme conjuguée pour chaque personne: ON (je suis), OUT (tu es)…

● Aux troisièmes personnes, le verbe est mixte, masculin et féminin: EO sert pour il est, elle est, c’est; INT sert pour ils sont, elles sont, ce sont.

● La seconde forme est dite neutralisée, puisque la même conjugaison sert à toutes les personnes: ZO. Elle est utilisée lorsque le sujet débute la phrase, soit parce qu’une question l’exige (PIV? / PETRA?), soit parce que c’est lui qu’on juge le plus important.

● La langue bretonne est économe: elle ne double jamais la marque de la personne. À la forme personnelle, le verbe fait du «deux-en-un», permettant de se passer de pronom personnel: OMP = nous + sommes. À la forme neutralisée, le sujet indique la personne lorsqu’il débute la phrase (ME = je): le verbe n’a plus qu’à indiquer le temps (ZO = présent). On le réutilise donc à toutes les personnes. On peut comparer en partie cette conjugaison à l’anglais (we are, you are, they are).

● C’est un piège de comparer cette forme neutralisée au français. Certes, elle s’en rapproche par sa construction (sujet, verbe, complément), mais elle diffère par le sens, exprimant en breton une insistance sur le sujet: ME ZO se traduit moi, je. Voilà pourquoi on doit l’utiliser avec modération, pour ne pas paraître nombriliste.

● Plutôt que les pronoms personnels classiques EÑ (il) et HI (elle), n’hésitez pas à utiliser les mots HENNEZH (celui-là) et HONNEZH (celle-là), qui traduisent encore mieux cette insistance. Pour ne pas les mélanger, souvenez-vous que le masculin breton HENNEZH commence comme le masculin anglais HE.

● Au négatif, toutes ces nuances disparaissent. Il n’existe qu’une manière de faire, en conjuguant le verbe à chaque personne, et en le plaçant entre N’ et KET, les mots de la négation.

● Le verbe BEZAÑ a BET (été) pour participe passé. Il se conjugue avec lui-même pour auxiliaire: E GWENRANN OMP BET (nous avons été à Guérande, mot-à-mot: à Guérande nous sommes été).

Cliquez pour (re)découvrir la règle du verbe BEZAÑ: forme de situation.


● Comme son nom l’indique, la forme de situation du verbe BEZAÑ s’utilise lorsque le sujet est situé dans l’espace ou dans le temps.
• dans le premier cas, un complément de lieu débute le plus souvent la phrase, par exemple en réponse à la question PELEC’H?.
• dans le second cas, étudié en deuxième année, il s’agit d’évoquer une action en cours: BEZAÑ sert alors d’auxiliaire (EMAON O LENN = je suis en train de lire).

● La forme de situation est formée à partir des conjugaisons classiques du verbe BEZAÑ (en rouge ci-dessous), précédées à toutes les personnes de la racine EMA- (en orange ci-dessous). Seule exception: la 3e personne du singulier EMAÑ.

● Les conjugaisons à cette forme de situation peuvent débuter la phrase: c’est l’exception qui confirme la règle – le verbe étant normalement toujours conjugué en 2e place dans la phrase. Les phrases à la droite du tableau peuvent donc s’inverser, si l’on souhaite exprimer une vue d’ensemble: EMAON E BLAEN.

● À l’affirmatif, ces deux formes disparaissent au profit de ZO si le sujet débute la phrase. Ainsi, pour les exemples ci-dessous, on aurait de gauche à droite: ME ZO PREST. / ME ZO DEUET. / ME ZO E BLAEN.

● Au négatif, la conjugaison est ordinaire, intercalée entre N’ et KET. Ainsi avec la première phrase du tableau: N’EMAON KET E BLAEN.

♬ Prononciation: toutes les conjugaisons à cette forme de situation sont accentuées sur la dernière syllabe (EMAON, EMAOUT, EMAÑ…)

Cliquez pour (re)découvrir la règle du verbe BEZAÑ: 3e personne du singulier (ZO, EO, EUS, EMAÑ).

● Au présent, la conjugaison du verbe BEZAÑ est encore plus complexe à la 3e personne du singulier avec l’existence d’une quatrième forme (!!!): l’indéfinie EUS. Pour y voir clair parmi toutes ces variantes, et comprendre pourquoi l’on doit choisir l’une et pas l’autre, il est important d’avoir bien en tête la hiérarchie suivante:

(1)Si le sujet est en tête, on utilise ZO. Cette règle est absolue, et passe avant toutes les autres.

(2)Le sujet est placé après le verbe. S’il est indéfini, on utilise EZ EUS (à l’affirmatif, le verbe EUS est toujours précédé de la particule EZ).

(3a)Le sujet est placé après le verbe et est défini. Un complément de lieu débute la phrase: on le localise, on utilise donc la forme de situation EMAÑ.

(3b)Le sujet est placé après le verbe et est défini. La phrase ne débute pas par un complément de lieu, mais par un autre élément: adjectif, participe passé… On utilise la forme classique EO.

● Il est impossible d’utiliser ZO ou EZ EUS sans sujet. En revanche, cela peut arriver avec EMAÑ et EO: il faut choisir le premier si la phrase exprime une localisation (PELL EMAÑ = c’est loin); le second si elle exprime un état (DIGOR EO = c’est ouvert).

● La règle est à peu près la même au négatif, mais vous devez sauter la première étape (impossible d’utiliser ZO au négatif): votre choix se fait alors entre N’EUS KET, N’EMAÑ KET et N’EO KET. La première est réservée aux sujets indéfinis. Le choix entre les deux dernières est plus délicat: utilisez N’EMAÑ KET si la phrase exprime une localisation; préférez N’EO KET si c’est l’adjectif qui est mis en avant, ou si un participe passé est lié.

● N’oubliez pas que parler doit rester quelque chose de spontané: mieux vaut se lancer (et éventuellement se tromper mais être corrigé) que rester muet et réfléchir trop longtemps en cherchant à appliquer la hiérarchie expliquée ci-dessus. Courage: lancez vous!

DISTAGADUR
Cliquez pour (re)découvrir les règles de PRONONCIATION.


♬ L’identité d’une langue, c’est aussi une mélodie, par sa prononciation. Celle du breton est profondément différente du français. Elle se base sur quatre règles d’or absentes de ce dernier, ce qui complique la tâche pour la majorité des apprenants, francophones de naissance. Cela n’est pas insurmontable pour autant, avec de la bonne volonté et en étant sensibilisé au sujet le plus tôt possible.

♬ Première règle: l’accentuation portée sur l’avant-dernière syllabe, sauf exception. Pour faire encore mieux ressortir la syllabe sur laquelle porte l’accent, ne pas hésiter à descendre, et même étouffer la dernière syllabe: BREZHONEG, BUGALE…

♬ Deuxième règle: les liaisons. Au cœur d’une phrase, elles sont systématiques si un mot se terminant par une consonne concernée (K/P/T/S/CH) est suivie d’un mot commençant par une voyelle (A/E/I/O/U). Ainsi: MAT EO [d], LOUS INT [z].

♬ Troisième règle: les consonnes finales. Lorsque suivies d’un silence, certaines consonnes (G/B/D/Z/ZH/J) ne se prononcent pas comme elles s’écrivent. Exemples connus: NAONED [t], BREZHONEG [k].

♬ Ces deux règles – liaisons et finales – se croisent dans le tableau ci-dessous.

♬ Quatrième règle: la longueur des syllabes accentuées, c’est-à-dire sous l’accent. Par exemple, le son [é] sera long alors que le son [è] sera court. Comparez GWENER [éé—>] et GWENN [è>].

♬ On pourrait ajouter une règle, celles des consonnes «sautées» pour faciliter la prononciation.
C’est le cas notamment du mot KET. Son T final n’est prononcé [t] que s’il est le dernier mot de la phrase. Au cœur d’une phrase, suivi d’un mot débutant par une voyelle (A/E/I/O/U), il applique la règle des liaisons: N’EO KET ORAÑJEZ [d]. Dans les autres cas, suivis d’un mot débutant par une consonne donc, sa lettre T n’est pas prononcée: N’EO KE(t) GWIR.

♬ Attention à la prononciation du Ñ (n tildé). Il ne doit aucunement être lu comme un N, mais doit vous faire penser au mot NEZ. En effet, il indique que la voyelle qui le précède doit être prononcée par le nez, au choix: AÑ, IÑ, EÑ, UÑ.

AN DOARE GOURC’HEMENN
Cliquez pour (re)découvrir la règle de l’IMPÉRATIF.


● L’impératif est un temps relativement simple à conjuguer, mais pour cela vous devez savoir manier les verbes en trouvant leur base verbale. À cette dernière, on n’ajoute aucune terminaison à la 2e personne du singulier, on ajoute la conjugaison -OMP à la 1e personne du pluriel, et -IT à la 2e personne du pluriel.

● On renforce bien souvent la conjugaison par l’ajout de l’interjection ‘TA, diminutif de l’adverbe ETA (donc).

● Au négatif, le verbe se conjugue de la même façon et est placé entre les particules NA et KET.

● À l’affirmatif comme au négatif, le verbe conjugué se place toujours en première position, sans exception.

● Seul le mot NA peut exprimer une interdiction: il est la marque emblématique de l’impératif négatif. Attention: utiliser à sa place NE bascule votre phrase dans un présent simple.

AR FRAZENNOÙ
Cliquez pour (re)découvrir la règle de construction des PHRASES.


● La syntaxe bretonne peut être déconcertante pour qui est habitué au moule sujet-verbe-complément de la langue française. En effet, le breton n’impose pas d’ordre strict à ses phrases: le mot placé en première position est celui qu’on juge le plus important, celui qu’on souhaite mettre en avant. Au départ, cette liberté peut perturber, et faire hésiter devant les différentes possibilités qui s’offrent à vous; mais une fois habitué à cette logique, vous verrez que cette diversité est l’un des éléments les plus plaisants dans l’utilisation de la langue.

● La langue bretonne est donc souple lorsqu’on débute sa phrase; en revanche, elle est stricte concernant le choix du deuxième élément: c’est le verbe conjugué (celui qui indique le temps) qui apparaît obligatoirement en 2e place.

● Pour construire la fin de la phrase, sachez que le participe passé et l’adjectif (attribut) doivent suivre au plus près le verbe, alors que les compléments de lieu et de temps sont normalement les dernières roues du carrosse.

● La manière d’organiser sa phrase a une incidence sur la manière de conjuguer le verbe (cf. explications sur le présent ou sur le verbe être). Voici deux cas à retenir:
un verbe suivi d’un sujet pluriel reste au singulier.
• lorsque la phrase commence par le sujet, le verbe est neutralisé à sa suite: il ne porte pas de terminaison personnelle.
● Au négatif, la phrase commence habituellement par la négation (soit le verbe conjugué entre les particules NE … KET). Contrairement à l’affirmatif, deux possibilités existent pour l’accord pluriel, et c’est là que réside la difficulté au négatif!
• le verbe reste au singulier lorsque suivi d’un sujet pluriel, comme à l’affirmatif
• le verbe passe au pluriel lorsque précédé d’un sujet pluriel: le sujet est en effet le seul élément que l’on peut décaler devant le verbe, si l’on souhaite insister sur l’auteur de l’action, ou par souci de clarté.

AR GERIOÙ MELL
Cliquez pour (re)découvrir la règle des ARTICLES.


Le choix d’un article se fait en fonction de la première lettre du nom qui le suit.

● AN et UN sont suivis des noms débutant par une voyelle, mais aussi par les quatre consonnes H- / D- / T- / N-. Comment se souvenir de ce quatuor? Pensez à l’Heure du Dernier Tram Nantais.

● AL, AN, AR: au singulier comme au pluriel, un nom est forcément devancé du même article défini. Seule la première lettre du nom vous intéresse, puisque ces trois articles sont insensibles au genre et au nombre (alors qu’à l’inverse c’est ce qui permet en français de choisir entre le / la / les) .

● UL, UN, UR: les articles indéfinis (équivalents français: un, une) ne sont utilisés qu’au singulier. En revanche, au pluriel, on se passe d’article indéfini: le nom est utilisé seul. N’essayez donc jamais de traduire l’article français des.

● La règle appliquée étant la même, au singulier, l’article se termine par la même lettre au défini comme à l’indéfini: comparez ci-dessous AL LIZHER / UL LIZHER.

AR GERIOÙ PERC’HENNAÑ
Cliquez pour (re)découvrir la règle des POSSESSIFS.


● Les possessifs ne sont pas difficiles, mais différents.

● Le possessif breton est indifférent au genre et au nombre, ce qui permet d’en utiliser un seul par personne: ainsi, le seul MA exprime à la fois MON, MA et MES.

● À la 3e personne du singulier, en revanche, il existe deux possessifs, à choisir selon le genre du possesseur: E pour le masculin (à lui), HE pour le féminin (à elle). Comparez aux possessifs anglais HIS et HER, utilisés selon la même logique.

● Alors qu’elle utilisait auparavant le seul HON, la 1e personne du pluriel fonctionne désormais comme les articles: le choix entre HON, HOL et HOR se fait selon la première lettre du nom qui suit.

● Pour une meilleure compréhension orale, les possessifs HE et HO peuvent s’allonger en HEC’H et HOC’H devant une voyelle, ce qui permet de mieux les différencier respectivement de E et O.

● Nous ne pouvons malheureusement pas passer sous silence les mutations à la suite des possessifs. Elles ne sont évidemment pas là pour faire joli, et sont d’une grande importance pour la compréhension – notamment pour différencier E de HE et HO de O.

● Attention toutefois à ne pas céder à leur côté hypnotisant: ce que vous devez d’abord apprendre, ce sont les possessifs, pas les mutations! En première année, contentez-vous de retenir les possessifs puis de les associer par groupe, selon le type de mutations qui se produisent à leur suite (cf. image). Aux niveaux suivants, tout cela se mettra en place peu-à-peu, sans même que vous vous en rendiez compte, telle une toile d’araignée.

GOULENNOÙ, RESPONTOÙ
Cliquez pour (re)découvrir la règle des QUESTIONS et RÉPONSES.


● Une question simple (c’est-à-dire sans pronom interrogatif) se construit de la même façon qu’une phrase simple: à l’oral, elle se reconnaît par son intonation; à l’écrit, elle se reconnaît par son point d’interrogation.

● L’ensembles des pronoms interrogatifs est formé à partir du pronom PE?, à l’exception de PIV? (qui?). Exception question prononciation: ils sont accentués sur la dernière syllabe.

● Entre les pronoms PE? et PESEURT?, on préfère aujourd’hui le dernier, même si le premier reste utilisé pour des formules classiques telles que PE ANV? (quel nom?), PE OAD? (quel âge?) et PE VICHER? (quel métier?).

● Il faut s’appuyer sur la question pour répondre: les mots sont placés en reprenant l’ordre exact de la question: c’est l’effet miroir.
Constatez ci-dessous en rouge le peu de différence d’une forme à l’autre, si l’on excepte le changement de personne pour la conjugaison.

● Si l’on vous oblige à répondre par oui ou par non, le mot choisi dépend du genre de la question: affirmative ou négative. Pour répondre positivement, le breton différencie YA (oui) et EO (si). De la même manière, pour répondre par la négative, on différencie KET (non à une question affirmative) et NANN (non à une question négative). Complication supplémentaire, on doit normalement conjuguer le verbe de la réponse avec KET. Ainsi, en réponse à BRAS OUT? doit-on répondre N’ON KET, alors que si la question avait été BRAS OC’H? on aurait répondu N’OMP KET.

KAOUT
Cliquez pour (re)découvrir la règle du verbe KAOUT.


● Le verbe KAOUT est un verbe unique, complètement différent des autres par sa manière d’être conjugué. Cela s’explique par une formation tardive, puisque le verbe avoir n’existait originellement pas en breton, comme dans les autres langues celtiques.

● Du fait de sa formation récente, l’usage du verbe KAOUT est beaucoup plus limité que celui du verbe avoir en français: on ne l’utilise que pour exprimer la possession ou comme auxiliaire pour conjuguer les temps composés.

● Conjugué, KAOUT est formé de deux parties: la première indique la personne, la seconde indique le temps.
C’est un système inverse des autres verbes, dont on connaît habituellement la personne en regardant la terminaison à droite. Avec KAOUT, la terminaison de la partie de droite est identique à toutes les personnes (-EUS ici pour le présent): il faut regarder devant et la partie de gauche pour pouvoir identifier la personne.

● Le verbe KAOUT s’accorde à chaque personne: il est toujours conjugué, quel que soit la place du sujet (pas de forme neutralisée, donc, comme ZO pour BEZAÑ).

● Au négatif, les deux parties du verbe conjugué sont entourées des particules N’ et KET (à la 3e personne pluriel, par exemple: N’O DEUS KET).

● En partie crée sur le verbe BEZAÑ, KAOUT partage toujours avec ce dernier son participe passé BET, qui de ce fait peut signifier été ou eu selon l’auxiliaire avec lequel il est employé.

● La première partie a été formée à partir des possessifs: on peut encore y reconnaître HE (son / sa / ses [à elle]), HON (notre / nos), HO (votre / vos) et O (leur / leurs). L’apprentissage de l’un doit donc vous aider à mémoriser les autres, et inversement.

KEMMADURIOÙ
Cliquez pour (re)découvrir la règle des MUTATIONS.


● Bien qu’élément particulier du breton, les mutations sont parfois mises en avant de manière disproportionnée, devenant un élément emblématique et encombrant qui hypnotise et décourage les apprenants.

● C’est davantage par automatisme que par apprentissage que les mutations se mémorisent. Certes, elles sont difficiles à ignorer; pour autant nous vous incitions à ne pas vous focaliser que sur elles.

● Cela paraît évidemment complexe au début, mais ces systèmes de mutations obéissent à une logique mathématique. Ces règles deviendront de de plus en plus évidentes en progressant, en s’appuyant sur des exemples emblématiques (bro gozh ma zadoù) et des associations évidentes entre certains sons voisins (l’opposition K / G par exemple).

MUTATIONS BLEUES (adoucissantes)
    MUTATIONS ROUGES (durcissantes)
      MUTATIONS BLEUES & ROUGES (mixtes)
        MUTATIONS JAUNES (spirantes)

          KEÑVERIAÑ
          Cliquez pour (re)découvrir la règle des COMPARATIFS.


          ● Pour comparer à l’égalité, l’adjectif doit être placé entre les mots KEN et HA. Ce dernier s’allonge en HAG lorsque suivi d’un nom commençant par une voyelle.

          ● Pour comparer à la supériorité, on ajoute le suffixe –OC’H à l’adjectif et on fait suivre du mot EGET.

          ● Impossible de comparer à l‘infériorité en breton: cela n’existe pas. Il vous faudra donc jouer avec les deux autres pour traduire cette idée: moins gentil deviendra donc pas aussi gentil ou plus méchant.

          ● Difficulté des comparaisons en breton, on traduit différement le mot que selon que l’on soit à l’égalité ou à la superiorité: KEN AES HA (aussi facile que) / AESOC’H EGET (plus facile que). Le français va forcément vous jouer des tours, le temps de s’habituer à utiliser deux mots au lieu d’un seul.

          ● Autre différence entre ces deux que, la manière de se passer d’un nom pour indiquer la personne.

          ● Le mot HA est suivi des pronoms personnels.

          ● Le mot EGET est décliné. On le conjugue en utilisant:
          → le verbe BEZAÑ (être) aux deux premières personnes singulier et pluriel
          → les terminaisons -AÑ / -I / -O aux troisièmes personnes, spécifiques aux prépositions et déjà rencontrées avec ANEZHAÑ / ANEZHI / ANEZHO.

          Cliquez pour (re)découvrir la règle du SUPERLATIF.


          ● Le superlatif permet de sortir quelqu’un ou quelque chose du lot: le plus, la plus, les plus… Pour cela on ajoute le suffixe -AÑ à l’adjectif.

          ● On place le plus souvent AN HINI (celui / celle) devant le superlatif au singulier, et toujours AR RE (ceux / celles) devant celui au pluriel.

          ● Les adjectifs utilisés au féminin singulier d’une part, au pluriel d’autre part, sont touchés par des mutations bleues si leur première lettre y est sensible. Exemple ci-dessous avec trois d’entre elles:

          BRAV ♂ AN HINI BRAVAÑ ♀ AN HINI VRAV AR RE VRAV
          KOZH ♂ AN HINI KOSHAÑ ♀ AN HINI GOSH AR RE GOSH
          TRIST ♂ AN HINI TRISTAÑ ♀ AN HINI DRIST AR RE DRIST

          ● À noter enfin les exceptions: l’adjectif MAT et l’adverbe KALZ. Ceux-ci ont des formes spécifiques à l’égalité (KENKOULZ, aussi bien / KEMENT, autant), à la superiorité (GWELLOC’H, mieux, meilleur / MUIOC’H, plus) et au superlatif (AN HINI GWELLAÑ, le meilleur / AR MUIAÑ, le plus).

          AL LIESTER
          Cliquez pour (re)découvrir la règle du PLURIEL.


          ● On distingue trois manières de former le pluriel breton.

          ● Le pluriel interne est la manière ancienne: on passe au pluriel en modifiant des voyelles à l’intérieur du nom, et parfois en en ajoutant une à sa fin.

          ● Le pluriel classique, par ajout d’un suffixe, le plus souvent -ED pour les humains et animaux, -OÙ et IOÙ pour les choses.

          ● Le collectif. C’est un système propre aux langues celtiques, à la logique inverse: le nom de base est pluriel, auquel un suffixe -ENN est ajouté pour basculer au singulier.

          ● À noter que le nom doit rester au singulier lorsqu’il est utilisé avec le pronom interrogatif PET? (pet leon?), avec un nombre (dek dañser) et avant le mot EBET (levr ebet).

          AN NIVEROÙ
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          ● Impossible de placer un nom pluriel à la suite d’un chiffre: le nom doit obligatoirement rester au singulier. Quelle en est la raison? Aux yeux du breton, le pluriel est déjà indiqué par le chiffre; ce serait donc inutile de le préciser une seconde fois en faisant porter un suffixe pluriel au nom. Mot-à-mot, on dira donc trois cheval (TRI MARC’H) et dix journal (DEK KAZETENN).

          ● Le chiffre UNAN sert à compter, de manière mathématique. En revanche, on ne peut pas l’utiliser en couple avec un nom: il faut alors utiliser l’article indéfini UL / UN / UR (choisi là aussi selon la première lettre du nom qui suit).

          ● Les chiffres 2 / 3 / 4 disposent chacun d’une version féminine, à utiliser lorsqu’un nom féminin les suit: DIV / TEIR / PEDER.

          ● Pour exprimer l’absence, l’inexistence, la privation… on utilise aussi le nom au singulier, et sans article, en le plaçant cette fois-ci devant l’adverbe EBET (aucun). La phrase est alors forcément négative.

          PONT-AN-ABAD, KASTELL-BRIANT
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          ● La langue bretonne est très économique dans son fonctionnement. Elle évite les doublons: on ne peut pas cumuler, par exemple, marque du pluriel sur le sujet et sur le verbe.

          ● Il en est de même avec les articles. Pour un complément du nom, un seul article peut être utilisé, alors placé devant le dernier nom du groupe nominal. Exemple emblématique avec le pont de l’abbé: PONT AN ABAD.

          ● La règle est identique avec un possessif: KASTELL MA MAMM (le château de ma mère).

          ● On utilise aucun article lorsque le dernier nom du groupe est un nom propre. Deux noms de villes connues pour l’illustrer: KASTELL BRIANT (le château de Briant) et PONT IVI (le pont d’Ivi).

          ● La règle est valable quel que soit le nombre d’éléments du groupe nominal: comparez ci-dessous la logique différente des deux langues, avec la multiplication des articles en français d’une part, et l’économie les concernant d’autre part en breton.

          AR VERBOÙ
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          À chaque verbe, vous devez savoir associer une base verbale, une racine. En effet, celle-ci est indispensable pour conjuguer le présent, l’impératif, ou pour former le participe passé.

          ● On peut distinguer trois sortes de verbes:
          → les verbes dont la base verbale est identique à l’infinitif, utilisés tels quels.
          → les verbes dont la base verbale se trouve en ôtant un suffixe. Les plus courants sont -AÑ et -IÑ (70% des verbes à eux deux).
          → les verbes irréguliers, dont la racine est “radicalement” différente de l’infinitif.